Un contrôle d’occasion se rate presque toujours de la même façon : on regarde d’abord ce qui saute aux yeux, et on n’a plus le temps pour ce qui coûte cher. L’ordre proposé ici commence par les postes irrattrapables et finit par l’esthétique.
Avant de se déplacer, trois questions
Elles se posent par écrit, ce qui laisse une trace. La première : le numéro de série ou l’identifiant de l’appareil, pour vérifier que le modèle correspond exactement à celui annoncé et qu’il n’est pas signalé. La deuxième : la facture d’achat d’origine, qui date le début de la garantie légale. La troisième : la raison de la vente, dont la réponse importe moins que sa précision.
Les huit contrôles, dans l’ordre
- Un. L’identité. Le numéro affiché dans les réglages doit correspondre à celui gravé sur le châssis et à celui de l’annonce. Trois sources, une seule valeur.
- Deux. Le verrouillage. L’appareil doit être dissocié de tout compte et réinitialisé devant vous. Un appareil resté lié à un compte tiers est inutilisable, et c’est le seul défaut qu’aucune réparation ne corrige.
- Trois. La batterie. Relever le nombre de cycles et la capacité restante dans les réglages ou avec une application de diagnostic. En dessous de 85 %, intégrer le prix d’un remplacement au prix d’achat.
- Quatre. L’écran, en six aplats. Afficher successivement du noir, du blanc, du rouge, du vert, du bleu et du gris moyen en plein écran, dix secondes chacun. Les points morts apparaissent sur le blanc, les points bloqués sur le noir, les taches de rétroéclairage sur le gris.
- Cinq. Le tactile. Tracer un trait continu en serpentin qui couvre toute la dalle, bords compris, sans lever le doigt. Une zone insensible casse le trait.
- Six. Les ports et les boutons. Brancher un câble et vérifier que la charge démarre en bougeant le connecteur. Actionner chaque bouton physique trois fois. Tester haut-parleur et micro par un enregistrement de dix secondes.
- Sept. Les liaisons sans fil. Se connecter à un réseau, appairer un accessoire, passer un appel court si l’appareil le permet. Une antenne défaillante ne se voit pas autrement.
- Huit. Le châssis. Regarder la coque sous une lumière rasante, chercher les jeux entre les pièces, les traces d’ouverture autour des vis et les déformations aux angles.

Les deux postes qui coûtent le plus cher à rattraper

Le remplacement d’un écran représente couramment 30 à 60 % du prix d’un appareil d’occasion, ce qui suffit à annuler l’intérêt de l’achat. Celui d’une batterie coûte moins cher mais mobilise du temps et, sur un assemblage collé, comporte un risque. Ce sont ces deux postes qui justifient de commencer par eux, quitte à écourter la visite.
80 %
Seuil conventionnel de fin de vie d’une batterie. Une capacité restante annoncée entre 80 et 85 % signifie qu’un remplacement se profile à court terme : il appartient à la négociation, pas à la surprise.
Consigner ce qui a été vérifié
Trois traces suffisent et coûtent cinq minutes. Une photo de l’écran affichant l’identifiant et la capacité de batterie. Une photo de l’appareil sous quatre angles. Un écrit signé des deux parties mentionnant le modèle, le numéro de série, le prix, la date et l’état constaté. Sans ces éléments, une contestation ultérieure repose sur des souvenirs.
À lire ensuite : comment lire l’indice affiché sur le neuf, et ce que vaut vraiment une capacité de batterie annoncée.